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Dépression périnatale des pères

Dépression périnatale des pères

Auteurs : Sarah Sananès, Sophie Schaeffer, Anne Laure Sutter-Dallay, Sarah Tebeka

Introduction : la dépression périnatale de quoi parle-t-on ?

En France, la dépression périnatale touche 1 femme sur 6 et 1 homme sur 15. Si la grossesse puis la maternité provoquent chez les parents des chamboulements aussi bien physiques que psychiques, il est essentiel de comprendre ce qui différencie un simple babyblues de la dépression périnatale.

La dépression périnatale

Dépression périnatale des pères

Florence Gressier, Ludivine Guérin, Mathilde Dublineau, Sarah Tebeka

Contrairement aux idées reçues, la dépression postnatale touche également les jeunes pères. Au cours de la première année de vie de leur bébé, environ 6-8% des pères sera concerné par cette pathologie.

Pourtant elle est encore très peu reconnue et diagnostiquée, et encore moins traitée. Les hommes ne s’autorisent pas souvent à parler de leurs émotions négatives et de leur souffrance psychique dans notre société. De plus, la dépression chez les pères peut prendre des formes trompeuses et eux-mêmes peuvent l’ignorer : elle peut se manifester par un changement de comportement, une irritabilité voire une impulsivité, une consommation de toxiques, des conflits conjugaux, une tendance à se replier sur soi ou à la fuite, ou bien encore des signes physiques, des douleurs inexpliquées.

Des facteurs tels que les antécédents personnels de dépression, les évènements de vie douloureux, les difficultés conjugales, l’isolement social et familial favorisent les dépressions paternelles. Des facteurs de risque biologiques, et notamment hormonaux, ont également été décrits. Le tempérament du bébé pourrait également jouer un rôle. Cependant, le principal facteur de risque de la dépression paternelle est la dépression maternelle : parmi les pères dont la compagne souffre de dépression, 25 à 50% vont également présenter une dépression. Il faut donc être particulièrement attentif au co-parent lors d’une dépression périnatale et toujours demander à le rencontrer afin de pouvoir dépister et évaluer la présence de symptômes dépressifs.

La dépression paternelle peut avoir des conséquences graves, pour le père lui-même avec un risque de mise en danger voire de risque suicidaire qu’il faudra systématiquement évaluer, pour le couple avec la possibilité de conflits voire de violences conjugales, et également pour le bébé. En effet, la dépression parentale non soignée peut entrainer des difficultés d’interactions parents-enfant et des conséquences sur le développement du bébé et de l’enfant. Ceci est vrai en cas de dépression des deux parents mais aussi en cas de dépression isolée chez la mère ou chez le père.

Il est donc primordial de mieux connaitre la dépression paternelle et de la dépister précocement. Les futurs parents doivent y être sensibilisés, tout comme à la dépression maternelle, afin de pouvoir arriver à demander de l’aide dès que nécessaire. Les professionnels doivent également penser à la rechercher. En effet, des traitements efficaces existent et une prise en soins la plus précoce possible permet de diminuer le retentissement éventuel sur l’enfant et la famille. En période périnatale, les soins doivent comporter une dimension familiale avec des consultations père-mère-bébé.