la dépression périnatale :
chiffres clés et quels risques pour l’enfant?
Auteurs : Sarah Sananès, Sophie Schaeffer, Anne Laure Sutter-Dallay, Sarah Tebeka

Les chiffres de la dépression périnatale en France en 2023
La dépression périnatale concerne 10 à 20% des femmes. Les derniers chiffres français, issus de l’enquête nationale périnatale 2021, estiment qu’elle concerne 16.7% des femmes 2 mois après leur accouchement.
1/6
est concernée par la dépression périnatale
10 à 20 %
des femmes sont concernéee par la dépression périnatale
16.7 %
des femmes 2 mois après leur accouchement
Les risques de la dépression périnatale pour l’enfant
« Un nourrisson tout seul, ça n’existe pas […] la santé mentale de tout individu [...] s’édifie sur les soins maternels, qui se remarquent à peine quand tout va bien… » Winnicott
1. Risques chez le fœtus :
L’environnement intra-utérin peut avoir des effets sur le développement du fœtus. Certains mécanismes prénataux peuvent constituer des facteurs de vulnérabilité pour les enfants exposés. C’est par exemple le cas pour le stress anténatal. En effet, quand le taux de cortisol, « hormone du stress », est élevé et ce, de façon chronique, il existe un risque pour la stabilisation de l’axe hypothalamo-hypophysaire du bébé. De même, des taux élevés d’adrénaline semblent augmenter la résistance de l’artère utérine (l’artère se contracte moins bien et le sang est donc éjecté de façon moins efficace), ce qui réduit le flux sanguin vers le fœtus.
Ainsi est-il essentiel d’accompagner les femmes enceintes lorsqu’elles vivent des situations entrainant du stress et de l’anxiété (expositions à des difficultés sociales, de couple, complications de la grossesse…). Suivant la gravité et le type de symptômes, différents types de soins peuvent être envisagés, allant des psychothérapies à la prescription de psychotropes.
2. Chez le nouveau-né et le nourrisson
Les interactions parents-enfants dans le contexte de la dépression postnatale ont été très étudiées, notamment grâce au développement des méthodes d’enregistrement vidéo des interactions. Ces travaux soulignent surtout que les effets de la dépression postnatale sur les interactions et le développement du nourrisson ne sont pas univoques. Les mères présentant une dépression postnatale présentent plus souvent une attention moins soutenue dans le temps, des ruptures dans la relation, une sensibilité émotionnelle plus faible ou discordante, une moindre qualité de l’accordage au comportement de l’enfant… Mais la synthèse des travaux suggère surtout que les effets de la dépression postnatale sur le développement de l’enfant sont surtout présents quand la dépression débute en anténatal ou quand l’intensité, la durée, et la répétition des expositions de l’enfant aux difficultés interactives maternelles sont fortes, c'est-à-dire quand la dépression n’est pas repérée et traitée à temps.
Notons que la dépression paternelle peut également impacter les interactions avec des émotions positives moins fréquentes, une baisse de la sensibilité, voire un désengagement. L’impact de la dépression postnatale paternelle est d’autant plus important que la mère souffre également de dépression postnatale, quant à l’inverse, la bonne santé mentale du père permettrait de diminuer l’impact de la dépression maternelle sur le développement de l’enfant.
Les interactions parents-enfants dans le contexte de la dépression postnatale ont été très étudiées, notamment via l’enregistrement vidéo. Ces travaux soulignent avant tout que les effets de la dépression postnatale sur les interactions et le développement du nourrisson ne sont pas univoques. Les mères souffrant de dépression postnatale présentent plus souvent une attention moins soutenue dans le temps, des ruptures dans la relation, une sensibilité émotionnelle plus faible ou discordante, une moindre qualité de l’accordage au comportement de l’enfant… Mais la synthèse des travaux suggère surtout que les effets sur le bébé sont surtout présents quand la dépression débute en anténatal ou quand l’intensité, la durée, et la répétition des expositions de l’enfant aux difficultés interactives maternelles sont fortes, c'est-à-dire surtout si la dépression n’est pas prise en charge.
Notons que la dépression paternelle peut également impacter les interactions avec des émotions positives moins fréquentes, une baisse de la sensibilité, voire un désengagement. L’impact de la dépression postnatale paternelle est d’autant plus important que la mère souffre également de dépression postnatale. A l’inverse, la bonne santé mentale du père permettrait de diminuer l’impact de la dépression maternelle sur le développement de l’enfant.
Les questions les plus fréquentes :
À quel moment se déclenche la dépression périnatale ?
La dépression périnatale débute dans un tiers des cas au cours de la grossesse, à un moment où les femmes sont en contact très régulier avec les soins.
En post-partum, il est décrit un premier pic, dans les premières semaines qui suivent l’accouchement et le retour à domicile.
Il est maintenant bien établi que certaines dépressions du post-partum peuvent survenir à distance, en post-partum tardif, jusqu’à un an après l’accouchement.
Combien de temps dure-t-elle ?
- Des patientes qui présentent des symptômes antérieurs à la grossesse qui perdurent.
- Des patientes qui présentent des symptômes apparaissant durant la grossesse.
- Des patientes qui présentent des symptômes apparaissant en post-partum.
Il n’y a pas donc pas de durée type d’un épisode de dépression périnatale.
De plus la durée d’évolution dépendra de facteurs comme :
- le type de trouble dans lequel l’épisode s’inclue (épisode isolé sans trouble préexistant, rechute d’un trouble dépressif unipolaire ou bipolaire, antécédents traumatiques…).
- le contexte (évènements de vie, évènements traumatiques, qualité de l’environnement…).
- la rapidité de l’accès à des soins spécialisés prenant toujours en compte également les caractéristiques de l’enfant (adaptation néonatale, régulation émotionnelle précoce …).
La prévention, le dépistage et les soins précoces sont donc les principaux facteurs qui vont permettre d’influencer la durée des difficultés maternelles.
Comment savoir s’il s’agit d’une réelle dépression ?
Vous vous reconnaissez dans un ou plusieurs symptômes décrits plus hauts ? En cas de doute, nous vous encourageons à consulter un professionnel de santé de confiance pour avoir son avis. Il pourra également vous orienter vers un professionnel formé en santé mentale périnatale, qui saura fournir une réponse adaptée.
Dans cette attente, vous pouvez également répondre au questionnaire de l’EPDS (Edinburgh Postpartum Depression Scale), via l’application 1000 jours Blues ou l’application LENA. A noter : ce questionnaire d’auto-évaluation est un outil de dépistage mais ne permet pas à lui seul de poser un diagnostic. Il vous permettra en revanche d’avoir un premier aperçu de votre santé mentale et, si vous le souhaitez, vous pourrez également être recontacté afin d’être orienté(e) vers un professionnel spécifiquement formé.Vers qui se tourner ?