La dépression périnatale

Illustration Julie Bellarosa ™

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Symptômes anxieux en période périnatale

Symptômes anxieux en période périnatale

Marie Arnal, Sarah Tebeka

Les symptômes anxieux sont très fréquents pendant la grossesse et dans le post-partum. La dernière Enquête Nationale Périnatale (ENP 2021) estime que plus d’une femme sur 4 souffre d’anxiété 2 mois après son accouchement ! Et pour cause, la maternité engendre de grand bouleversements à la fois physiologiques, psychiques, biologiques et sociaux.

Les liens entre anxiété et dépression sont très étroits dans la période périnatale. Parmi les femmes anxieuses, plus d’un tiers d’entre elles présente aussi une dépression du post-partum (ENP 2021).

L’anxiété se caractérise par une sensation de tension interne et de danger imminent, et modifie les pensées, les comportements et les émotions du sujet. Si, tout le monde peut ressentir de l’anxiété à un moment de sa vie, cette dernière est considérée comme pathologique lorsqu’elle a un retentissement significatif sur la qualité de vie et qu’elle entraine une souffrance. Sa particularité au cours de la période périnatale est qu’elle peut se manifester sous forme d’inquiétudes en lien avec la grossesse, l’accouchement, les capacités de maternage et parentale, ou encore les capacités d’attachement au bébé.

Même s’il n’y a pas d’impact direct de cette anxiété maternelle sur la santé du bébé, certaines études ont retrouvé que les mères anxieuses avaient plus de risque d’accoucher avant terme et avaient plus de difficultés à établir des liens d’attachement de qualité avec le bébé.

Compte tenu de leur association, on recherchera systématiquement la présence d’une dépression du post-partum et d’idées suicidaires chez les femmes présentant une anxiété.

On pourra proposer aux mères anxieuses une prise en charge psychiatrique et psychothérapeutique. L’instauration de traitements anxiolytiques, hypnotiques ou anti-dépresseurs peut également s’avérer nécessaire dans certains cas.

"Instinct maternel", "seules

les mères sont touchées par

la dépression post-partum":

stop aux idées reçues !

Attendre un enfant avec impatience et amour ne signifie pas que l'annonce de la grossesse sera vécue comme la meilleure chose au monde. La dépression peut impacter n'importe qui. Elle est causée par une combinaison complexe de facteurs hormonaux, biologiques, environnementaux et psychologiques. La dépression périnatale touche 10% à 20% des femmes...

Devenir mère est un apprentissage et il est courant d’être déconnectée au début et incertaine dans les gestes. Une mère doit s’accorder une bonne dose de bienveillance et d’indulgence. Parfois, perdue dans un flot d’émotions, elle n’ose pas se confier. Or, en discutant, d’autres ressentent les mêmes sentiments.

La dépression n’est pas héréditaire. Avoir un parent qui a eu une dépression ne signifie pas que l’on aura une dépression à notre tour. Cela peut augmenter le risque mais il ne s’agit que d’un risque, pas d’une certitude. Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte, comme le contexte de vie, l’entourage, l’histoire de chacun, notre gestion du stress, et les facteurs biologiques. Il est possible au contraire de n’avoir aucun parent sujet à la dépression et développer soi-même un état dépressif. La maladie peut toucher tout un chacun. L’important est d’en reconnaître les symptômes et de bénéficier de l’aide de son entourage, des soignants.

Un papa qui se met en retrait, un papa qui n’arrive pas à s’occuper de son bébé ou qui a des variations d’humeur importante peut également souffrir de dépression. Si ces signes sont repérés, il faut en parler, consulter. La dépression n’est pas réservée aux mères et peut très bien toucher le père, concomitamment à la mère ou non.

La dépression post partum peut toucher la mère et/ou le père à tout moment pendant l’année suivant la naissance. Il faut la distinguer du "baby blues", une période de légère tristesse pouvant être ressentie jusqu’au dixième jour suivant l’accouchement et qui disparaît rapidement

La dépression périnatale ne se manifeste pas de la même manière et avec la même intensité chez toutes les mères. Certaines continuent à très bien s’occuper de leur bébé, même si elles sont émotionnellement détachées ou submergées. D’autres vont se surinvestir, continueront à s’occuper de leur bébé en étant incapables de prendre une douche, ne pourront plus quitter leur lit, ou encore réaliseront tout cela sans parvenir à s’occuper de leur enfant.

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