La dépression périnatale

Illustration Julie Bellarosa ™

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Autisme: grossesse et parentalité

Autisme: grossesse et parentalité

Romain Cotelle, Nina Kennel, Magali Pignard
#Santé mentale #Périnatalité

Témoignage :

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Lorsque j’étais enceinte, je ne ressentais pas du tout que j’avais un bébé dans mon ventre. A sa naissance j’ai ressenti une panique inouïe, qui m’a anesthésiée : de l’extérieur, je paraissais très calme, sans émotion. J’avais peur de le prendre, peur de le laisser tomber. Il était un étranger pour moi, je culpabilisais énormément de ne rien ressentir de spécial Je n’arrivais plus à dormir. J’avais le sentiment qu’on m’avait missionné pour construire une maison, en me donnant tout le matériel mais sans me dire comment faire, et j’avais le devoir de construire cette maison, quoi qu’il en coute, alors que chacun s’attendait à ce que je sache comment faire.

Vouchka

Autisme et parentalité

L’autisme est un trouble du neurodéveloppement pouvant influer sur la période périnatale (grossesse, accouchement et premières années de vie de l’enfant). Les différentes études retrouvent une augmentation des perceptions sensorielles et de l’anxiété chez les mères autistes enceintes. La communication avec les professionnels de santé est souvent vécue comme difficile par les mères, les examens médicaux plus difficiles à supporter de même que le temps en hospitalisation que pour les mères non autistes. Les mères rapportent un vécu de stigmatisation qui limite l’accès au soin (peur d’être considérées comme de « mauvaises mères » ou « incapables de s’occuper de leurs enfants »). Lors du post partum on observe des taux plus élevés d’anxiété et de dépression du post partum, déjà élevé dans la population générale. La majorité des mères autistes font le choix de l’allaitement, qui peut être impacté par certaines particularités sensorielles. Il est important que les professionnels de santé soient sensibilisés à ce sujet afin de permettre un meilleur accompagnement et un soutien adéquat à chaque personne en fonction de leurs préférences et besoins.

"Instinct maternel", "seules

les mères sont touchées par

la dépression post-partum":

stop aux idées reçues !

Attendre un enfant avec impatience et amour ne signifie pas que l'annonce de la grossesse sera vécue comme la meilleure chose au monde. La dépression peut impacter n'importe qui. Elle est causée par une combinaison complexe de facteurs hormonaux, biologiques, environnementaux et psychologiques. La dépression périnatale touche 10% à 20% des femmes...

Devenir mère est un apprentissage et il est courant d’être déconnectée au début et incertaine dans les gestes. Une mère doit s’accorder une bonne dose de bienveillance et d’indulgence. Parfois, perdue dans un flot d’émotions, elle n’ose pas se confier. Or, en discutant, d’autres ressentent les mêmes sentiments.

La dépression n’est pas héréditaire. Avoir un parent qui a eu une dépression ne signifie pas que l’on aura une dépression à notre tour. Cela peut augmenter le risque mais il ne s’agit que d’un risque, pas d’une certitude. Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte, comme le contexte de vie, l’entourage, l’histoire de chacun, notre gestion du stress, et les facteurs biologiques. Il est possible au contraire de n’avoir aucun parent sujet à la dépression et développer soi-même un état dépressif. La maladie peut toucher tout un chacun. L’important est d’en reconnaître les symptômes et de bénéficier de l’aide de son entourage, des soignants.

Un papa qui se met en retrait, un papa qui n’arrive pas à s’occuper de son bébé ou qui a des variations d’humeur importante peut également souffrir de dépression. Si ces signes sont repérés, il faut en parler, consulter. La dépression n’est pas réservée aux mères et peut très bien toucher le père, concomitamment à la mère ou non.

La dépression post partum peut toucher la mère et/ou le père à tout moment pendant l’année suivant la naissance. Il faut la distinguer du "baby blues", une période de légère tristesse pouvant être ressentie jusqu’au dixième jour suivant l’accouchement et qui disparaît rapidement

La dépression périnatale ne se manifeste pas de la même manière et avec la même intensité chez toutes les mères. Certaines continuent à très bien s’occuper de leur bébé, même si elles sont émotionnellement détachées ou submergées. D’autres vont se surinvestir, continueront à s’occuper de leur bébé en étant incapables de prendre une douche, ne pourront plus quitter leur lit, ou encore réaliseront tout cela sans parvenir à s’occuper de leur enfant.

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