Préparation au retour
Prendre le temps nécessaire pour une reprise dans de bonnes conditions
Stratégies pour préparer le retour du salarié (aménagements horaires, environnement de travail, etc.)Une naissance et une absence pour congés maternité est une période charnière de changements, qui voit souvent cohabiter des sentiments qui peuvent paraître contradictoires : d’un côté peut exister une hâte de reprendre son poste, de retrouver sa place, sa vie professionnelle ; de l’autre existe souvent une culpabilité mêlée d’inquiétude à l’idée de se séparer du nouveau-né ; à cela s’ajoute que cette période de recul a pu faire émerger des modifications d’aspirations, de sens, d’organisation des valeurs et des priorités.
Il est donc fondamental d’accompagner cette reprise pour lui permettre les meilleures conditions possibles à son bon déroulement ; l’entreprise peut être accompagnée et pour cela son interlocuteur privilégié est le médecin du travail.
Il est notamment important de déterminer le meilleur moment pour cette reprise, afin qu’elle ne soit ni retardée, ni précipitée ; ceci pour éviter un nouvel arrêt ou une rechute qui serait préjudiciable pour la salariée comme pour l’entreprise.
Deux outils à connaître :
La visite de pré reprise auprès du médecin du travail
Cette visite n’est pas une visite obligatoire, elle a lieu pendant la période d’arrêt, à la demande de la salariée, de son médecin traitant ou du médecin du travail. L’entreprise ne peut pas la demander, d’où l’importance d’informer la salariée de son droit de demander cette visite à son service de prévention et de santé au travail. Cette visite est d’une importance capitale pour anticiper la reprise, déterminer le meilleur moment, et les conditions favorables à préserver ou à mettre en place. Cette visite peut, si cela est pertinent, déboucher sur un courrier adressé par le médecin du travail à l’entreprise faisant état de ses préconisations.
NB : Cette visite ne remplace pas la visite de reprise réglementaire.
Reference : article R4624-29 et 30 du Code du Travail
Il est souvent difficile voire impossible au début d’une période d’arrêt d’en prévoir la durée finale, chaque situation présentant des variables individuelles propres. En revanche, quand la possibilité de reprise semble s’amorcer (sans être dans l’immédiat), le communiquer à l’entreprise lui permet de mieux organiser la reprise.
La dernière réforme en santé au travail a également prévu un rendez-vous de liaison.
Cet entretien peut être proposé par l’employeur à sa salariée pendant son absence. Le but de cet échange est d’informer la salariée sur les dispositifs dont elle peut bénéficier (notamment la visite de pré-reprise). La salariée peut demander l’organisation de ce rendez-vous ; elle peut aussi le refuser, sans que cela ne puisse lui être reproché. Enfin, le service de prévention et de santé au travail peut y être associé si besoin.
Référence : article L1226-1-3 du Code du Travail
Communication pendant un arrêt
S’il est évidemment interdit de solliciter pour des sujets professionnels un salarié pendant son arrêt, il est autorisé de l’informer de ses droits (notamment comme vu ci-dessus, le droit de contacter le médecin du travail, ou de demander un rendez-vous de liaison). De préférence, cette communication doit se faire par une voie qui laisse la possibilité au salarié de ne pas y donner suite (mail, courrier).
Soutien et communication
Aménager la reprise
Importance d’une communication ouverte et d’un soutien continuLa visite de reprise : réglementaire, elle est obligatoire après tout congé maternité ; elle doit être demandée par l’entreprise et se tenir dans les 8 jours suivant la reprise. Si une visite de pré-reprise a eu lieu précédemment, le médecin du travail peut examiner la réponse faite par l’entreprise à son courrier de recommandations.
Elle se conclut par un document d’attestation d’entretien ou d’avis d’aptitude en fonction du poste, assorti des aménagements préconisés par le médecin du travail le cas échéant.
Le médecin du travail pourra en effet, en fonction de la compatibilité qu’il évalue entre l’état de santé de la personne et son poste de travail, préconiser des aménagements temporaires, notamment, mais de manière non exhaustive, sur le sujet des déplacements professionnels, du télétravail, et du temps de travail. Sur ce dernier point, il peut arriver que la reprise ait lieu en temps partiel thérapeutique. Il s’agit d’une prescription, effectuée par le médecin traitant (ou le spécialiste), et dont les modalités (quotité, en journées ou demi-journées etc.) sont préconisées par le médecin du travail ; le but de ce temps partiel thérapeutique est de favoriser une reprise progressive, sa quotité pourra donc être amenée à évoluer.
Enfin, le médecin du travail prêtera une vigilance particulière aux situations de salariées allaitantes et à la compatibilité de leur poste de travail.
Référence : articles R4624-31 à 33 du Code du Travail
Allaitement :
Le Code du Travail prévoit des dispositions particulières à l’allaitement (articles L1225-30 à 32), notamment la possibilité pour la femme allaitante de disposer d’une heure par jour sur les heures de travail pour allaiter, jusqu’au 1 an de l’enfant, et l’obligation pour les entreprises de plus de 100 salariées de prévoir des locaux dédiés.L’entretien de retour, entre le manager et la salariée, est une bonne pratique à favoriser, après une absence prolongée quelle qu’en soit le motif. Cet entretien permet de faire le point sur les changements survenus dans l’entreprise, les axes stratégiques, les priorités et échéances à venir ; pour la salariée c’est un élément d’information qui lui permet de se sentir inclue dans les projets en cours. C’est aussi l’occasion de faire le point sur la fiche de poste et les ajustements souhaités, qu’ils soient temporaires ou pérennes, et les souhaits d’évolution et de formation.
Remplacement des congés maternité :
Il est souhaitable d’anticiper pour les postes pour lesquels cela est possible les départs en congés maternité ou parental, et d’envisager un remplacement sur la période. Si possible, ce remplacement devrait connaître une période de chevauchement de quelques jours avant le départ en congés maternité, et au retour, afin d’effectuer au mieux, à la fois en termes d’efficacité et de sérénité, les passations de dossiers.Gestion du stress et du bien-être au travail
Rester vigilant
Conseils sur la gestion du stress et la promotion du bien-être sur le lieu du travail.De nombreuses pathologies peuvent survenir de manière retardée. La dépression du post partum notamment peut se déclarer jusqu’à la troisième année de l’enfant.
Un changement de comportement soudain doit alerter le management, qui pourra alors ouvrir le dialogue sur le sujet et l’adresser si besoin au médecin du travail dans le cadre d’une visite à la demande de l’employeur. Sans émettre d’hypothèse diagnostique, l’inquiétude du management sur une modification de comportement justifie l’orientation vers le médecin du travail. Celui-ci pourra, en toute confidentialité, examiner les différents éléments, dépister un trouble, et orienter vers un spécialiste si besoin.
Certains signaux d’alerte à considérer : un changement de comportement, un repli sur soi, une diminution de la productivité habituelle, des erreurs inhabituelles, des absences fréquentes, une baisse de participation aux interactions, mention des difficultés ressenties.
Une sensibilisation à ces signaux et à la conduite à tenir permet au management de repérer plus efficacement et de se tenir en capacité de réagir de manière appropriée.
Enfin, quelques règles organisationnelles sont à favoriser : pas de réunions tôt le matin ou tard l’après-midi, une flexibilité horaire…
Pour aller plus loin :
Si l’identification d’un certain nombre de facteurs de risque est particulièrement importante dans ces situations de reprise, leur prise en compte bénéficie à tous dans l’entreprise.
Les facteurs de risque de risques psycho-sociaux sont colligés dans le document unique, tenant compte des spécificités de chaque type de poste. Les points de vigilance dans ces situations sont plus particulièrement : les horaires de travail (durée de travail hebdomadaire, horaires atypiques, disponibilité en dehors des horaires de travail, prévisibilité des horaires et anticipation de leurs changements, conciliation vie professionnelle et vie personnelle), les rapports sociaux au travail (soutien, rémunération, perspectives de carrière), et certaines situations d’exigences émotionnelles ( travail avec certains publics, confrontation à la souffrance, tensions avec le public…)