Définition
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble invalidant qui se développe après une exposition à un événement traumatique. Le facteur commun de l’évènement traumatique est le sentiment d’avoir vécu un évènement comme un facteur de stress intense ou d’effroi, face auxquels ils se sont sentis impuissants. Face à un même évènement, le risque de développer de tels troubles dépend de facteurs préexistants propres aux patients et du contexte dans lequel les suites de l’évènement se déroulent. Le TSPT est caractérisé par la présence de quatre ensembles de symptômes :
La période périnatale est une période à risque de développement de TSPT. Le TSPT périnatal est ainsi défini comme un syndrome survenant à partir du début de la grossesse jusqu’à un an après l’accouchement.
Les sources de stress et d’évènements traumatiques peuvent intervenir aussi bien en prénatal, pendant l’accouchement qu’en post natal et impliquer les deux parents comme le fœtus puis le nouveau-né. Ces évènements génèrent initialement un stress aigu plus ou moins important qui peut évoluer vers un TSPT dont les symptômes peuvent apparaitre à distance.
Le TSPT en post partum concernerait près de 7 % des mères. Ce pourcentage pourrait doubler chez les femmes ayant vécu des complications pendant la grossesse ou pendant l’accouchement, après un accouchement prématuré, après une césarienne d’urgence ou après une mortinatalité.
Conséquences
Le TSPT maternel peut influencer la production et la régulation d’oxytocine, une hormone impliquée dans l’attachement et le comportement social. Une diminution de l’oxytocine chez la mère peut nuire à la qualité des interactions précoces mère-enfant, compromettant ainsi la capacité de la mère à répondre de manière sensible et cohérente aux besoins de son enfant et à la construction d’un attachement sécure pour l’enfant. Or un attachement sécure est crucial pour le développement émotionnel de l’enfant, et les perturbations dans ce lien peuvent avoir des conséquences à long terme sur la santé mentale et le développement de l’enfant.
Le TSPT est associé à une diminution de l’allaitement maternel. Les enfants de parents souffrant de TSPT non diagnostiqué ou non traité peuvent être plus susceptibles de présenter des troubles émotionnels et comportementaux, en partie en raison de l’impact du stress parental sur le climat familial et les pratiques parentales. Biologiquement, l’exposition à un environnement familial stressant peut entraîner des modifications dans les niveaux de cortisol, hormone liée à la réponse au stress. Des niveaux élevés et prolongés de cortisol chez les enfants peuvent prédisposer les nourrissons à une vulnérabilité biologique au TSPT par le biais de cette dérégulation du cortisol et affecter leur développement cérébral, notamment les régions associées à la régulation des émotions et à la mémoire.