La dépression périnatale

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Etat de stress post traumatique lié à l’accouchement

Etat de stress post traumatique lié à l’accouchement

Corinne Dupont, Sylvie Viaux Savelon
#Santé mentale #Périnatalité

Définition

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble invalidant qui se développe après une exposition à un événement traumatique. Le facteur commun de l’évènement traumatique est le sentiment d’avoir vécu un évènement comme un facteur de stress intense ou d’effroi, face auxquels ils se sont sentis impuissants. Face à un même évènement, le risque de développer de tels troubles dépend de facteurs préexistants propres aux patients et du contexte dans lequel les suites de l’évènement se déroulent. Le TSPT est caractérisé par la présence de quatre ensembles de symptômes :

  • 1) des pensées intrusives ou reviviscence de l’évènement sous forme de cauchemars ou de « flash-backs »,
  • 2) des comportements d’évitement des situations rappelant le traumatisme ;
  • 3) un émoussement de la réactivité, des affects, et de l’intérêt pour les activités habituelles ;
  • 4) le développement de signes d’une activité neurovégétative tels que hypervigilance, irritabilité, difficultés de concentration, troubles du sommeil. Ces symptômes doivent avoir duré au moins un mois et altérer de manière significative le fonctionnement du sujet

La période périnatale est une période à risque de développement de TSPT. Le TSPT périnatal est ainsi défini comme un syndrome survenant à partir du début de la grossesse jusqu’à un an après l’accouchement.

Les sources de stress et d’évènements traumatiques peuvent intervenir aussi bien en prénatal, pendant l’accouchement qu’en post natal et impliquer les deux parents comme le fœtus puis le nouveau-né. Ces évènements génèrent initialement un stress aigu plus ou moins important qui peut évoluer vers un TSPT dont les symptômes peuvent apparaitre à distance.

Le TSPT en post partum concernerait près de 7 % des mères. Ce pourcentage pourrait doubler chez les femmes ayant vécu des complications pendant la grossesse ou pendant l’accouchement, après un accouchement prématuré, après une césarienne d’urgence ou après une mortinatalité.

Conséquences

Le TSPT maternel peut influencer la production et la régulation d’oxytocine, une hormone impliquée dans l’attachement et le comportement social. Une diminution de l’oxytocine chez la mère peut nuire à la qualité des interactions précoces mère-enfant, compromettant ainsi la capacité de la mère à répondre de manière sensible et cohérente aux besoins de son enfant et à la construction d’un attachement sécure pour l’enfant. Or un attachement sécure est crucial pour le développement émotionnel de l’enfant, et les perturbations dans ce lien peuvent avoir des conséquences à long terme sur la santé mentale et le développement de l’enfant.

Le TSPT est associé à une diminution de l’allaitement maternel. Les enfants de parents souffrant de TSPT non diagnostiqué ou non traité peuvent être plus susceptibles de présenter des troubles émotionnels et comportementaux, en partie en raison de l’impact du stress parental sur le climat familial et les pratiques parentales. Biologiquement, l’exposition à un environnement familial stressant peut entraîner des modifications dans les niveaux de cortisol, hormone liée à la réponse au stress. Des niveaux élevés et prolongés de cortisol chez les enfants peuvent prédisposer les nourrissons à une vulnérabilité biologique au TSPT par le biais de cette dérégulation du cortisol et affecter leur développement cérébral, notamment les régions associées à la régulation des émotions et à la mémoire.

"Instinct maternel", "seules

les mères sont touchées par

la dépression post-partum":

stop aux idées reçues !

Attendre un enfant avec impatience et amour ne signifie pas que l'annonce de la grossesse sera vécue comme la meilleure chose au monde. La dépression peut impacter n'importe qui. Elle est causée par une combinaison complexe de facteurs hormonaux, biologiques, environnementaux et psychologiques. La dépression périnatale touche 10% à 20% des femmes...

Devenir mère est un apprentissage et il est courant d’être déconnectée au début et incertaine dans les gestes. Une mère doit s’accorder une bonne dose de bienveillance et d’indulgence. Parfois, perdue dans un flot d’émotions, elle n’ose pas se confier. Or, en discutant, d’autres ressentent les mêmes sentiments.

La dépression n’est pas héréditaire. Avoir un parent qui a eu une dépression ne signifie pas que l’on aura une dépression à notre tour. Cela peut augmenter le risque mais il ne s’agit que d’un risque, pas d’une certitude. Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte, comme le contexte de vie, l’entourage, l’histoire de chacun, notre gestion du stress, et les facteurs biologiques. Il est possible au contraire de n’avoir aucun parent sujet à la dépression et développer soi-même un état dépressif. La maladie peut toucher tout un chacun. L’important est d’en reconnaître les symptômes et de bénéficier de l’aide de son entourage, des soignants.

Un papa qui se met en retrait, un papa qui n’arrive pas à s’occuper de son bébé ou qui a des variations d’humeur importante peut également souffrir de dépression. Si ces signes sont repérés, il faut en parler, consulter. La dépression n’est pas réservée aux mères et peut très bien toucher le père, concomitamment à la mère ou non.

La dépression post partum peut toucher la mère et/ou le père à tout moment pendant l’année suivant la naissance. Il faut la distinguer du "baby blues", une période de légère tristesse pouvant être ressentie jusqu’au dixième jour suivant l’accouchement et qui disparaît rapidement

La dépression périnatale ne se manifeste pas de la même manière et avec la même intensité chez toutes les mères. Certaines continuent à très bien s’occuper de leur bébé, même si elles sont émotionnellement détachées ou submergées. D’autres vont se surinvestir, continueront à s’occuper de leur bébé en étant incapables de prendre une douche, ne pourront plus quitter leur lit, ou encore réaliseront tout cela sans parvenir à s’occuper de leur enfant.

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